Biographie de Louis Labbez (1907-1993)


le 22 septembre 1907 à Solesmes (Nord), il est décédé le 24 janvier 1993. Il est Inhumé au cimetière de Neuvilly (59).Louis Labbez était chevalier dans l’ordre de l’Etoile Noire du Bénin et chevalier dans l’ordre Orange Nassau hollandais.
Il est le fils de Gustave Labbez (décédé à Solesmes en 1945) et Marie Gambier. Sa sœur ainée était Lucienne, qui a épousé Maurice Tilmant, industriel en textile (producteur de flanelle et d'étamine) à Saint-Python à côté de Solesmes (59).
Il fait des études de droit international à Paris. Il habite au dessus du « Caveau de la Huchette », rue Mouffetard.
1930 : attaché au cabinet du ministre des travaux publics
1932 : Secrétaire de l’attaché commercial à l’ambassade de France à Londres
1935 : Secrétaire du conseiller commercial de France aux Indes, Birmanie et Ceylan
En 1937, il est nommé secrétaire du conseiller commercial de France en Chine. Parti de la gare de l’Est pour rejoindre son poste par le transibérien, il se trouve bloqué à la frontière sibérienne par le conflit entre l'Union Soviétique et le Japon. Il rebrousse chemin et rejoint Paris, d’où il repart pour Chang-Haï par bateau. Il verra son père Gustave Labbez pour la dernière fois sur le quai de la gare à l’occasion de son transfert.
Il revient à Calcutta en 1939, comme secrétaire du conseiller commercial de France aux Indes, Birmanie et Ceylan.
Mobilisé à sa demande en 1940, il est affecté à l’état-major du général commandant supérieur de l’Armée d’Extrême-Orient. Le 16 juin 40, l’armistice est signé. Le gouverneur des Etablissements français de l'Inde, Louis Bonvin, prend fait et cause pour le général de Gaulle. Il permet aux fonctionnaires français qui le souhaitent de passer dans la résistance. Louis Labbez part en Indochine, avec son ami peintre et sculpteur Samuel Guyot (connu sous le pseudonyme Saint-Maur). 

 Photo copyright sam-saint-maur

  

La résistance au Tonkin: 1940/45

Du 22 au 25 septembre 1940 se déroule une agression japonaise contre Langson et Haïphong. L'indochine est occupée par les Japonais avec l'accord des autorités françaises de Vichy. Elle est isolée du reste du monde.

A Yen Phu au nord du Grand Lac près d'Hanoï, Louis Labbez et Saint-Maur, qui ont créé en couverture de leurs activités une laquerie (détruit par les révoltes de 1946), organisent les réseaux de résistance aux Japonais, et en particulier avec les Mhongs. Jean Sainteny, nommé commissaire de la République pour le Tonkin et le Nord-Annam, venu à Hanoï en août 45, a authentifié l'existence de ce réseau par écrit. Faisait partie du réseau le directeur de la Banque de l’Indochine, monsieur Téry.

Le 9 mars 1945, l’armée japonaise en Indochine attaqua par surprise (le coup de force du 9 mars 1945). Les Français d’Indochine ne reçurent alors, contre leur espoir, aucune aide de la part des Alliés.
Les attaques contre Hanoi, Langson et Dong Dang se heurtèrent cependant à une courageuse résistance des troupes françaises. A Hanoï, les officiers sont décapités en public, et les survivants enfermés dans la citadelle.

Les bombes atomiques d’Hiroshima, mais surtout celle de Nagasaki, modèrent les ardeurs des Japonais. Ces bombes sauvent la vie des prisonniers alliés en Indochine. Les troupes commandées par le général Leclerc devaient libérer les prisonniers. A Hanoï, malgré les fouilles et la dureté de leur captivité, les français survivants accueillirent les libérateurs en rang sous un drapeau français qu'un adjudant-chef avait réussi à dissimuler, en particulier en se servant de sa forte taille.

Marie-Madeleine O'Connell, née Labbez

Durant cette période, et sans que Louis Labbez ne le sache, une lointaine cousine Marie-Madeleine Labbez, épouse O'Connell, planteuse d'hévéas, organisait aussi la résistance contre les japonais.

Hanoï à l'issue de la guerre

Le 2 septembre 1945, Leclerc signe, au nom de la France, l’acte de capitulation du Japon à bord du cuirassé USS Missouri, en rade de Tokyo. Après la défaite nipponne, les mouvements révolutionnaires du Viêt-nam, du Cambodge et du Laos sortent de la clandestinité, déferlent sur le pays, déposent les monarques et imposent des gouvernements de fait. Le 2 septembre à Hanoi, la république démocratique du Viêt-nam est proclamée par Ho Chi Minh, le fondateur du Viêt-minh.

C’est une situation nouvelle et inattendue que découvrent, en débarquant à Saigon fin septembre, les premiers éléments du corps expéditionnaire français en Extrême-Orient, préparé pour lutter contre le Japon, et que commande le général Leclerc. A Hanoï, les troupes du corps expéditionnaire n'arrrivent qu'en mars 1946. L. Labbez, qui est depuis mars 1945 en poste à la Fédération des importateurs, a été mis à la disposition du représentant du général de Gaulle à Hanoï, puis s'est occupé du ravitaillement du Tonkin, puis des réparations et dommages de l'occupation japonaise. Il habite avec d'autres français, pour des raisons de sécurité: faisant des tours de garde, ils ripostent comme il peuvent aux attaques de pillards. Il reste 20 000 français à Hanoï, qui sont pour la plupart ruinés.

En dépit de violences et de combats localisés, les négociations sont engagées avec le pouvoir en place. Elles aboutissent aux accords du 6 mars 1946 qui reconnaissent l’indépendance du Viêt-nam dans l’Union française et admettent une présence militaire de la France pendant cinq ans. Les Chinois, qui occupaient l'Indochine après le départ des Japonais, quittent à regret le pays qu'ils avaient mis en coupe réglée.

Les Pays Bas

De retour en France en juillet 46, il est nommé à La Haye puis à Amsterdam comme conseiller du commerce extérieur. A ce poste, il rencontrera Adrienne Renée Bricteux, née en 1922, secrétaire à l’ambassade de France. De leur mariage naissent 4 enfants : Françiane, Louis, Pascal, Géry. Il poursuit en secret des activités de renseignement, portant sur le trafic portuaire venant des pays de l'Est. Dans ce cadre d'activité, il fera équipe avec Aldo Luraschi, ancien français engagé dans le R. A. F. durant la guerre.

Il sera, avec Aldo Luraschi un des inventeurs de « Frantour », agence de voyages liées à la SNCF, qui permet un transport par train, en heures creuses, de touristes hollandais vers le sud de la France, où sont construits des villages de vacances (voir en page 12).
En 1963, Louis Labbez, attaché au ministère des Finances détaché au Centre Français du Commerce Extérieur, place d’Iéna à Paris, est chargé de mission auprès du directeur délégué à l’Action régionale au Centre Français du Commerce Extérieur jusqu’à sa retraite en 1973.

Il prend sa retraite à Neuvilly (Nord).

Eléments de bibliogtaphie:

- Decoux (Amiral), A la barre de l’Indochine. Histoire de mon gouvernement général (1940-1945). Paris, Plon, 1949.

- Mordant (Gal), Au service de la France en Indochine (1941- 1945), Saïgon, Imprimeries de la France d’Outre-mer, 1950

- chronologie de l'Indochine 1940-1945

- les guerres d'Indochine 1940 - 1950

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